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Comment Hermila Galindo a défié le Mexique patriarcal : elle se présenta députée et exigea l’éducation sexuelle pour toutes

Hermila Galindo, la voix audacieuse qui défendit l’éducation sexuelle au Mexique

Je suis Mary, fondatrice de MadameMary.fr, et j’aime raconter ces histoires de femmes qui, par leur courage et leur clairvoyance, ont façonné le monde. L’histoire d’Hermila Galindo en fait partie : née en 1886 à Durango, elle a défié les tabous de son époque et a porté haut des idées qui, aujourd’hui encore, résonnent comme des appels à l’émancipation. À une époque où les femmes ne pouvaient ni voter ni être élues, Hermila n’a pas attendu les lois pour agir.

Une plume et une conviction : « La mujer en el porvenir »

En 1916, alors que plus de 600 femmes se réunissaient au Teatro Peón Contreras de Mérida pour le tout premier Congrès féministe du Mexique, Hermila Galindo n’a pas pu être présente physiquement. Elle a toutefois envoyé une intervention qui fut lue publiquement sous le titre « La mujer en el porvenir » (La femme dans l’avenir). Ce texte audacieux provoqua l’indignation de certains et fit d’elle une figure controversée : on l’accusa d’immoralité. Pourquoi ? Parce qu’elle affirmait que les femmes avaient un désir sexuel et qu’elles devaient être instruites à ce sujet.

L’éducation sexuelle comme arme d’émancipation

Galindo défendait l’idée que les jeunes filles devaient recevoir des notions d’anatomie, de physiologie et d’hygiène à l’école. Pour elle, priver les femmes d’information ne les protégeait pas : au contraire, cela les rendait vulnérables. À une époque où la pudeur et les préceptes religieux servaient souvent d’alibi pour maintenir les femmes dans l’ignorance, sa proposition était radicale et nécessaire. Elle rejetait l’argument qui voulait « ne pas ouvrir les yeux aux filles » et dénonçait la double morale qui stigmatisait les femmes pour des comportements tolérés chez les hommes.

Une militante au parcours singulier

Sa trajectoire est celle d’une femme entrée en politique par des voies peu orthodoxes pour l’époque. Savoir taquigrapher lui permit de se rapprocher des centres du pouvoir : en 1909, elle transcrivit un discours contre le régime de Porfirio Díaz, et au fil des années, elle devint secrétaire du président Venustiano Carranza. Elle parcourut le pays et l’étranger pour défendre le constitutionnalisme.

Mujer Moderna : un journal pour penser l’émancipation

En septembre 1915, Hermila fonda et dirigea le hebdomadaire Mujer Moderna, depuis lequel elle aborda sans complaisance des thèmes que la société préférait taire : l’éducation, le suffrage, l’égalité juridique, et la critique du rôle excessif de l’Église dans la vie des femmes. Son féminisme ne séduisait pas nécessairement toutes les participantes des premiers congrès féministes : proposer l’éducation sexuelle lui valut d’être traitée d’immorale par certaines déléguées. Mais d’autres figures médicales et éducatives prirent sa défense, montrant que ses idées touchaient des sensibilités différentes.

Une candidature avant le droit de vote

En 1917, Hermila Galindo alla plus loin encore : elle se présenta comme candidate au poste de députée fédérale pour le cinquième district de Mexico. Rappelons le contexte : les femmes n’avaient alors ni le droit de voter ni celui d’être élues — ce ne fut reconnu au niveau national qu’en 1953. Sa candidature, même si elle fut un échec électoral, fut une démarche politique symbolique d’une immense force. Elle mettait en évidence l’absurdité d’un système qui attendait des femmes qu’elles respectent la loi et contribuent à la société sans leur reconnaître le droit de décider au même titre que les hommes.

La reconnaissance tardive et l’injustice du temps

Hermila Galindo mourut en 1954, presque aussitôt après que le Mexique ait reconnu la citoyenneté pleine des femmes. Tragiquement, elle n’eut guère le temps de célébrer la victoire pour laquelle elle s’était battue toute sa vie. Son histoire met en lumière une réalité cruelle : parfois, les idées les plus lucides arrivent avant que la société ne soit prête à les accueillir. Ce n’est pas que ces femmes aient été « en avance sur leur temps » au sens de supériorité ; c’est le reste de la société qui a mis trop de temps à les rejoindre.

Le féminisme d’Hermila : nuances et débats

Il est important de souligner que la pensée de Galindo comportait aussi des nuances parfois discutables aujourd’hui : sa proposition initiale pour le suffrage était graduelle, limitée à celles qu’elle jugeait « suffisamment préparées ». Cela reflète la complexité des combats historiques : même les pionnières portaient en elles des idées issues de leur époque. Toutefois, l’essentiel réside dans sa dénonciation de la double morale et son insistance sur le droit des femmes à la connaissance et à la participation politique.

Ce que son histoire nous inspire aujourd’hui

  • La place centrale de l’éducation : information et autonomie vont de pair.
  • La puissance symbolique d’une candidature quand les institutions excluent.
  • La nécessité de protéger les femmes en leur donnant des moyens plutôt qu’en les infantilisant.
  • En racontant Hermila Galindo, je pense à toutes ces femmes d’aujourd’hui qui militent, enseignent et ouvrent des espaces de parole. Son héritage nous rappelle qu’il faut parfois de la ténacité et de l’audace pour répandre des idées qui semblent scandaleuses à l’instant T mais qui, demain, deviendront des droits acquis. Chez MadameMary.fr, j’aime mettre en lumière ces parcours qui nourrissent notre regard et nous donnent des clés pour mieux comprendre le chemin parcouru — et celui qui reste à faire.

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