Madame Mary

Dua Lipa crée une bibliothèque clandestine à Porto : 100 livres interdits à lire absolument

Dua Lipa a encore surpris tout le monde — et cette fois-ci ce n’est pas avec une tournée ou une nouvelle collaboration musicale. Installée récemment à Porto pour inaugurer la Biblioteca Manifesto, la chanteuse transforme son amour de la lecture en un projet concret et engagé : une bibliothèque dédiée à 100 ouvrages « interdits et censurés », pensée comme un acte de résistance culturelle. Pour MadameMary.fr, qui aime mêler découvertes inspirantes et idées pour nourrir l’esprit, c’est une nouvelle qui fait vibrer : la culture comme refuge, la lecture comme prise de position.

Un espace militant au cœur d’une librairie historique

La Biblioteca Manifesto n’est pas un énième décor instagrammable. Née de la collaboration entre Dua Lipa, le Service95 Book Club et la célèbre librairie Lello à Porto, elle rassemble environ 5 000 exemplaires répartis autour de quatre axes : pouvoir, contrôle, voix et mémoire. L’ambition est claire : donner de la visibilité à des récits qui remettent en question les pouvoirs en place, dénoncent la censure et mettent en lumière des voix marginalisées. Après tout, qu’y a‑t‑il de plus politique que le choix des livres que l’on met à la disposition du public ?

Pourquoi 100 titres « inconfortables » ?

Parmi les ouvrages choisis, on retrouve des classiques qui ont marqué les esprits : 1984, Fahrenheit 451, Le Conte de la servante, Un monde heureux, Cent ans de solitude… Des romans dystopiques, des textes engagés, des récits qui questionnent les récits dominants. L’objectif n’est pas seulement d’exposer des textes « choquants », mais de créer un parcours de lecture qui pousse à la réflexion : comprendre les mécanismes du pouvoir, les outils du contrôle social, la fragilité de la mémoire collective et la force des voix qui résistent.

Lire comme acte politique

La démarche de Dua Lipa rappelle que lire n’est jamais neutre. Déplacer un livre d’une étagère, le recommander, en débattre, c’est orienter la conversation publique. La bibliothèque se veut donc « un sanctuaire pour les livres disparus », selon la chanteuse : un lieu qui s’oppose à l’oubli, à la disparition de certaines histoires sous la pression de la censure ou de la marginalisation. À l’heure où des ouvrages sont retirés d’écoles et de bibliothèques et où des écrivains sont persécutés, ce geste prend une dimension presque urgente.

Un club de lecture devenu mouvement

Service95, le club de lecture et plateforme culturelle initié par Dua Lipa, a servi de tremplin à ce projet. Ce qui a commencé comme un espace de partage et de recommandations s’est peu à peu transformé en communauté globale, capable d’initier des projets physiques. Donner des murs à cette communauté, c’est aussi rendre pérenne une pratique : lire ensemble, débattre, accueillir des écrivains et héberger des rencontres. La bibliothèque devient ainsi un point de ralliement où la culture se vit et se partage.

Un geste de star, mais pas seulement

On pourrait se dire : encore une excentricité de célébrité. Sauf que, derrière l’effet médiatique, il y a une réflexion structurée. La sélection des titres et la construction des axes thématiques montrent une volonté de profondeur : il ne s’agit pas d’empiler des best‑sellers, mais d’assembler des textes qui interrogent notre époque. C’est une manière pour Dua Lipa d’utiliser sa notoriété pour orienter l’attention vers des lectures qui dépassent l’instantanéité des réseaux sociaux.

Pourquoi ce projet nous parle tant chez MadameMary

  • Parce qu’il promeut la lecture comme outil d’émancipation et d’éveil, une valeur chère à notre rubrique Évasion et Plaisir.
  • Parce qu’il place la culture au cœur de la vie quotidienne, à l’image de ce que nous aimons partager sous Maison et Bien‑être : des lieux qui nourrissent l’âme.
  • Parce qu’il montre que l’engagement peut prendre des formes créatives et accessibles, et que la mode ou la musique peuvent s’associer à la littérature pour inventer des projets durables.
  • Une bibliothèque dans un contexte mondial troublé

    Le projet arrive à un moment où la censure des livres connaît un regain inquiétant : des milliers d’ouvrages retirés partout dans le monde, des pressions sur les voix dissidentes et des arrestations d’écrivains. Créer un espace qui sauvegarde ces histoires, c’est aussi envoyer un message fort : la mémoire et la diversité des voix sont des biens communs à protéger. Ce geste symbolique s’inscrit donc dans une urgence réelle, et invite chacun à questionner ce qui se lit — et ce qui se tait.

    Comment s’en inspirer chez soi ?

  • Constituer une petite collection thématique chez soi autour d’un sujet qui vous émeut (pouvoir, mémoire, féminismes, migrations).
  • Lancer un club de lecture entre amies pour débattre régulièrement d’un livre « gênant » afin d’élargir les perspectives et casser les idées reçues.
  • Utiliser un coin de la maison, même modeste, comme un sanctuaire de lecture : une lampe douce, une tasse chaude et quelques titres choisis pour des moments de réflexion.
  • Et pour les lectrices pressées ?

    Commencez par choisir deux titres parmi ceux qui vous interpellent et alternez lecture et conversation : le format court, mais réfléchi, est souvent plus transformateur que la surconsommation d’informations. L’idée est d’intégrer la lecture à nos vies — pas comme un luxe, mais comme un outil pour penser le monde autrement.

    La Biblioteca Manifesto de Dua Lipa nous rappelle que, même dans un univers saturé d’images et d’instantanéité, le livre conserve un pouvoir : celui de ralentir, d’interroger et de donner voix à ceux qu’on tente de faire taire. C’est une invitation à redécouvrir la lecture comme acte collectif, à créer des lieux — physiques ou domestiques — où les idées peuvent circuler librement et où chaque choix de lecture devient un petit geste d’émancipation.

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