J’avoue, j’ai cédé à la curiosité. Entre deux cafés et une recherche frénétique de nouvelles pièces pour la saison, je me suis laissée tenter par le tout nouveau essayeur virtuel de Zara. Vous savez, cet outil qui, en théorie, devait m’épargner les cabines surchauffées et l’éclairage indécent des boutiques. Mais j’avais mes doutes : est-ce vraiment une aide fiable pour choisir sa garde-robe ou simplement un aimant à panier d’achats impulsifs ?
Première impression : une expérience presque magique
Le fonctionnement est enfantin : trois photos — une selfie et deux clichés en pied — et l’application se charge de recréer une version digitale de votre silhouette. Sur le papier, simple et pratique. En pratique, j’ai tout de suite été surprise par la ressemblance. Même habillée, l’IA a su imaginer des contours, des bras et des jambes comme si j’avais posé nue — ou presque — pour le service. C’est bluffant : les coutures tombent au bon endroit, les longueurs semblent étudiées pour mon corps, bref, on a l’impression de se voir dans un miroir flatteur digne d’un shooting.
Le piège du « tout vous va »
Voilà le hic principal : tout vous va. Littéralement. Peu importe la coupe, la matière, le style — l’essayeur vous renvoie une image séduisante dans laquelle chaque vêtement se comporte comme s’il avait été taillé sur-mesure pour vous. Après des années à connaître mes trucs et astuces en cabine (je sais que les pantalons longs me traînent systématiquement, que les manteaux longs m’écrasent), voir ces « défauts » disparaître à l’écran est troublant.
Résultat : on prend des risques. On clique. On ajoute au panier. Surtout si la carte bancaire est déjà enregistrée. C’est ludique, agréable et, avouons-le, dangereux pour notre volonté économe.
Outil d’inspiration plus que miroir fiable
Après plusieurs essais et combinaisons, je conserve un avis nuancé : l’outil est excellent pour explorer des looks inédits, oser des associations auxquelles on n’aurait jamais pensé et jouer à la stylistes en herbe. Il remplit parfaitement ce rôle de « dressing expérimental » que nous rêvions toutes d’avoir depuis les années Cher Horowitz.
Pourquoi l’IA nous flatte autant ?
L’algorithme est clairement conçu pour susciter l’envie. En reproduisant une silhouette harmonieuse, il réduit les « freins » psychologiques qui nous empêchent parfois d’acheter : peur que la coupe ne soit pas flatteuse, doute sur la taille, appréhension de dépenser. Autrement dit, l’expérience a été pensée pour aiguiller vers l’achat. Ce n’est pas un hasard si l’outil vous invite souvent à composer un look complet — chaussures incluses — plutôt que d’essayer une simple pièce isolée.
Comment l’utiliser intelligemment
Voici quelques astuces pour tirer parti de l’outil sans tomber dans le piège :
Le verdict de Mary : un jouet utile, pas une vérité absolue
En tant que fondatrice d’un magazine dédié à l’art de vivre et au shopping réfléchi, je suis fascinée par cette technologie qui rend la mode plus ludique. Mais en bonne amatrice de pièces bien coupées, je reste prudente. L’essayeur virtuel de Zara est un merveilleux complément : il stimule, inspire et simplifie la découverte. Il ne remplacera jamais l’expérience sensorielle d’un tissu entre les doigts ou la surprise d’un miroir en cabine.
Pour résumer — sans conclure, car la mode est toujours en mouvement — laissez-vous tenter, amusez-vous, mais gardez votre œil de lynx. Utilisez l’outil comme un terrain de jeu créatif, et non comme un verdict définitif. Et surtout, souvenez-vous : le meilleur achat reste celui qui vous fait sourire quand vous l’enfilez pour la première fois, en vrai.
