La sarcopénie n’est pas qu’un mot scientifique : c’est un signal d’alerte pour nos années à venir. À mesure que nous vieillissons, la perte de masse musculaire s’installe insidieusement et impacte la mobilité, l’autonomie et la qualité de vie. Selon le Dr José Viña, expert en longévité, près de 40 % des personnes de plus de 65 ans en Europe présentent un déficit en protéines — un facteur clé qui accélère la fragilité, le risque de chutes et la perte d’énergie quotidienne.

Comprendre la perte musculaire liée à l’âge

La diminution de la masse musculaire commence souvent dès la quarantaine, s’accentue après 50 ans et devient préoccupante dans la soixantaine. Ce phénomène, appelé sarcopénie, n’est pas seulement esthétique : il explique pourquoi monter des escaliers, se lever d’une chaise ou porter des courses devient progressivement plus difficile. Le corps, avec l’âge, devient moins efficace pour synthétiser les protéines musculaires — on parle de résistance anabolique — ce qui signifie que manger « comme avant » ne suffit plus pour maintenir la masse musculaire.

Pourquoi les protéines comptent davantage après 65 ans

Les besoins en protéines augmentent avec l’âge. Là où un adulte plus jeune peut se satisfaire d’environ 0,8 g de protéines par kilo de poids corporel par jour, un senior devrait viser environ 1,2 g/kg/j — soit 50 % de plus. Cette augmentation compense la baisse d’efficacité métabolique et aide à maintenir la synthèse protéique nécessaire à la réparation et à la croissance musculaires. Sans cet apport adapté, la perte de muscle s’accélère, et avec elle l’affaiblissement général.

Obstacles à l’apport protéique chez les personnes âgées

Il n’est pas toujours facile d’absorber suffisamment de protéines en vieillissant. Plusieurs facteurs compliquent la tâche :

  • une absorption intestinale moins efficace et une production d’acide gastrique diminuée ;
  • des maladies chroniques et des traitements médicamenteux qui altèrent l’appétit ou l’assimilation ;
  • des difficultés physiques à mastiquer ou avaler ;
  • une moindre sensation de faim ou un mode de vie plus sédentaire.
  • Tout cela explique pourquoi la simple recommandation « mangez plus de protéines » doit être accompagnée d’un plan concret et adapté.

    Comment structurer l’alimentation après 65 ans

    Le Dr Viña conseille de s’appuyer sur la diète méditerranéenne enrichie en protéines. Concrètement, cela signifie privilégier :

  • les œufs et les produits laitiers (yaourt, fromage) ;
  • les poissons maigres et gras (dont les oméga‑3 peuvent aussi soutenir la masse musculaire) ;
  • les légumineuses, très utiles notamment pour les végétariens ;
  • les viandes maigres ;
  • les oléagineux et céréales complètes pour l’apport calorique et en micronutriments.
  • Il est souvent nécessaire d’envisager des compléments protéiques selon les situations cliniques, mais cette décision doit se prendre en concertation avec un professionnel de santé.

    L’importance de l’exercice de force

    L’alimentation seule ne suffit pas. Pour stimuler la synthèse musculaire, il faut mettre en place un programme d’exercices axé sur la force : deux à trois séances par semaine d’exercices fonctionnels avec charges (ou résistance élastique) s’avèrent très efficaces. Même de courtes sessions régulières produisent des bénéfices : gain de force, amélioration de l’équilibre et réduction du risque de chute. L’objectif n’est pas de devenir bodybuilder, mais de préserver l’autonomie et la qualité de vie.

    Conseils pratiques pour augmenter les protéines au quotidien

  • Fractionnez les apports : privilégiez des portions protéiques à chaque repas plutôt que tout concentrer au dîner.
  • Misez sur la densité nutritionnelle : les aliments riches en protéines et en micronutriments (vitamines D, B12, fer, calcium) sont prioritaires.
  • Adaptez les textures si la mastication est difficile : purées, yaourts riches en protéines, œufs brouillés, poissons émiettés.
  • Consultez un diététicien ou un médecin pour établir des besoins personnalisés et vérifier l’éventuelle nécessité de compléments.
  • Prévenir la fragilité : un enjeu de santé publique et de bien-être

    Maintenir une masse musculaire suffisante, c’est investir dans sa capacité à vivre pleinement et indépendamment. Le duo alimentation — activité physique est la clé. Pour Mary, fondatrice de MadameMary.fr, l’idée est d’aborder le sujet avec bienveillance : proposer des recettes savoureuses, des idées de collations protéinées adaptées et des exercices simples à intégrer dans la routine. Tout commence par de petits changements durables qui, cumulés, font une grande différence.

    Points à retenir

  • La sarcopénie touche de nombreuses personnes âgées et diminue la qualité de vie si elle n’est pas prise en charge.
  • Après 65 ans, les besoins en protéines augmentent (≈ 1,2 g/kg/j) ; il est essentiel d’adapter l’alimentation en conséquence.
  • L’exercice de force, même modéré et régulier, est indispensable pour maintenir la masse et la fonction musculaires.
  • Un accompagnement professionnel — médecin, diététicien, coach — permet de personnaliser les apports et l’entraînement selon les contraintes individuelles.
  • By Mary