Zygmunt Bauman nous a laissé une phrase qui résonne encore aujourd’hui : « Toutes les idées de bonheur finissent toujours dans une boutique. » En tant que fondatrice de MadameMary.fr, j’ai envie de prendre ce propos comme une invitation — ni jugement, ni condamnation — à regarder nos habitudes avec douceur et curiosité. Dans un monde où le shopping est devenu un réflexe face à l’ennui, au stress ou à la recherche d’identité, comment réapprendre à chercher le plaisir autrement ?

La modernité liquide : quand tout change sans cesse

Bauman imagina la modernité comme « liquide » parce que, contrairement au solide, elle ne garde pas de forme stable. Emplois, relations, valeurs : tout devient malléable, temporaire et souvent remplaçable. Cette instabilité génère une quête permanente de sécurité et de sens. Et quand le monde intérieur s’agite, beaucoup se tournent vers le consommable pour combler un manque immédiat : une veste neuve, une paire de chaussures, un gadget dernier cri.

Bien‑être hédonique versus bien‑être eudaimonique

La psychologie distingue deux formes de bien‑être. Le bien‑être hédonique, lié au plaisir immédiat et à la satisfaction des désirs ; et le bien‑être eudaimonique, lié au sens, à la croissance personnelle et aux relations profondes. Le consumérisme moderne stimule massivement l’hédonique : la dopamine boostée par l’achat, le « unboxing », la story Instagram. Mais ces satisfactions sont éphémères — elles demandent sans cesse d’être renouvelées.

Pourquoi acheter nous séduit tant ?

  • Rapidité de la récompense : un achat procure une sensation immédiate de gratification.
  • Identité sociale : les objets aident à se raconter aux autres (et à soi‑même).
  • Fuite émotionnelle : faire du shopping peut pallier l’ennui, l’anxiété ou la solitude.
  • Cependant, prendre conscience de ces mécanismes nous rend plus libres : acheter parce que l’on veut vraiment, et non par réflexe, transforme notre rapport aux objets.

    Comment retrouver des sources de bonheur durables ?

    Voici des pistes accessibles, à tester pas à pas dans votre quotidien :

  • Investir dans les relations : passer du temps de qualité avec une amie, un parent ou un(e) partenaire. Les liens humains restent la source la plus stable de bien‑être.
  • Mettre du sens dans ses activités : apprendre une nouvelle compétence, lire, jardiner, cuisiner pour le plaisir plutôt que pour la performance.
  • Pratiquer la pleine conscience : ralentir, savourer un café, marcher sans objectif, écouter réellement un morceau de musique.
  • Créer plutôt que consommer : bricoler, coudre, écrire ou cuisiner offrent une satisfaction créative plus durable que l’achat.
  • Le shopping réfléchi : mode d’emploi

    Je ne dis pas qu’il faut devenir ascète — simplement transformer le réflexe d’achat en choix conscient. Quelques astuces pratiques :

  • Attendre 48 heures avant un achat impulsif : souvent l’envie s’estompe.
  • Se demander : « Est‑ce que cet achat m’apportera du plaisir durable ou éphémère ? »
  • Privilégier la qualité à la quantité : un vêtement bien pensé vous accompagnera bien plus longtemps qu’une mode passagère.
  • Favoriser les expériences : un week‑end entre amies, un atelier de cuisine ou une exposition laissent des souvenirs bien plus précieux qu’un objet.
  • Consommer mieux : petit guide pratique

  • Opter pour des pièces intemporelles et versatiles plutôt que pour des tendances ultra‑éphémères.
  • Privilégier le seconde main : chiner c’est donner une seconde vie et adopter un geste durable.
  • Soutenir des marques éthiques ou locales quand le budget le permet.
  • Ces gestes modèrent le flux d’achats impulsifs tout en conservant le plaisir du shopping — mais un plaisir plus responsable et satisfaisant sur la durée.

    Et les réseaux sociaux dans tout ça ?

    Les plateformes amplifient la tentation : algorithmes, publicités ciblées et influenceurs créent un climat où l’on est constamment exposé à des envies. Quelques stratégies pour reprendre le contrôle :

  • Désabonner ou masquer les comptes qui stimulent l’achat compulsif.
  • Limiter son temps d’écran et créer des rituels sans écrans (promenades, lectures, dîners).
  • Se rappeler que l’image projetée en ligne n’est qu’une sélection soigneusement montée d’instants choisis.
  • Redécouvrir le sens du « vivre » plutôt que du « posséder »

    Bauman nous invite à réfléchir : si la société nous pousse à confondre bonheur et consommation, on peut choisir une autre voie. Réapprendre à trouver du sens dans les petites choses, cultiver des relations sincères, s’accorder du temps pour soi — autant d’habitudes qui reconstruisent une forme de bonheur plus résiliente.

    Chez MadameMary.fr, je crois à une vie douce et inspirée, où l’achat reste un plaisir et non une béquille. Et vous ? Quelle petite chose allez‑vous tester cette semaine pour rapprocher votre vie d’un bonheur moins liquide et plus ancré ?

    By Mary