Pourquoi Sam Altman écrit tout en minuscules (et pourquoi ça nous intrigue)

Dans un monde où l’image compte autant que les compétences, chaque détail a son importance. Récemment, une habitude plutôt innocente du PDG d’OpenAI, Sam Altman, a attiré l’attention : il écrit systématiquement en minuscules, même au début des phrases et pour les noms propres. À première vue, c’est une curiosité stylistique. Pour nous, lectrices et lecteurs du quotidien, c’est surtout une invitation à réfléchir à la manière dont nous nous présentons, en ligne comme dans la vie professionnelle.

Un geste générationnel ou un choix de marque personnelle ?

Ce qui surprend, c’est que ce type d’écriture fait penser immédiatement à la génération Z, qui a popularisé l’absence de majuscules comme signe de proximité, de décontraction et parfois d’urgence. Chez Sam Altman, ce petit choix esthétique devient une marque. Il y a une part performative : à la tête d’une des entreprises les plus influentes en intelligence artificielle, il peut se permettre des licences que d’autres n’oseraient pas. Pour beaucoup, c’est une façon d’apparaître accessible et moderne. Pour d’autres, c’est un simple tic typographique.

Deux poids, deux mesures : quand le statut transforme une liberté en privilège

La vraie leçon de cette histoire, c’est l’inégalité des règles du jeu. Si un patron du secteur technologique peut écrire sans majuscules et rester crédible, la même pratique dans la boîte mail d’un(e) jeune diplômé(e) peut être mal perçue. Les recruteurs plus traditionnels peuvent y lire un manque de sérieux ou de professionnalisme. Preuve que l’autorité et la notoriété donnent des permissions que le commun des mortels n’a pas. Ce contraste m’intéresse particulièrement : il nous rappelle que la forme compte parfois autant que le fond.

Image, communication et authenticité : comment composer son propre style

  • Connaître son audience : selon l’interlocuteur (start-up décontractée vs cabinet d’avocats), adapter le ton est essentiel.
  • Contrôler sa marque personnelle : un choix récurrent (toujours écrire en minuscules, garder un style limpide) peut devenir une signature, mais elle fonctionne mieux si elle est comprise par votre public.
  • Savoir quand se conformer : candidatures, courriels professionnels et premières impressions exigent souvent une présentation plus “canonique”.
  • À MadameMary.fr, on adore les petites touches d’originalité, mais on sait aussi que la prudence paie. Il s’agit donc de savoir doser : lâcher prise dans certains espaces (posts informels, stories, messages à des amis) et être irréprochable dans d’autres (CV, emails de candidature, communications officielles).

    Le paradoxe des nouvelles normes : créer du lien sans se saboter

    On pourrait croire que plus le langage se détend, plus il rapproche. C’est vrai jusqu’à un certain point. Le format “tout en minuscules” transmet une certaine fluidité et une proximité immédiate, mais il peut aussi brouiller la perception d’un interlocuteur qui n’est pas familier de ce code. C’est cette ambivalence qui explique pourquoi des jeunes qui ont eux-mêmes popularisé cette façon d’écrire la fuient parfois quand ils cherchent un emploi. Ils savent que, malgré leur naturel, une règle non écrite persiste encore chez une partie des recruteurs.

    Le rôle des agents et des conseillers : quand l’entourage pèse sur l’image

    Au-delà de la typographie, l’affaire illustre un autre phénomène : l’influence des conseillers, agents et communicants. Chez les personnalités établies, les choix de style peuvent être assumés, relayés et protégés. Pour les autres, l’entourage peut pousser à une présentation plus “sûre” pour éviter les faux pas. Cette diplomatie de l’image est parfois frustrante, mais elle est aussi réaliste : dans le monde professionnel, la forme peut ouvrir — ou fermer — des portes.

    Conseils pratiques pour choisir son ton sans se tromper

  • Pour un e-mail de candidature : utiliser les majuscules et soigner l’orthographe. La clarté prime.
  • Pour un post sur les réseaux sociaux : osez la créativité si votre communauté la comprend et l’apprécie.
  • Pour un profil public (site pro, LinkedIn) : privilégier la lisibilité et l’uniformité ; une petite touche personnelle suffit.
  • Le bon équilibre consiste à maîtriser plusieurs registres et à savoir quand les utiliser. Adopter un style trop “relâché” partout risque de nuire, tandis que l’excès de formalité peut sembler froid sur des plateformes plus intimes. Le choix dépend donc de vos objectifs : séduire un recruteur, fédérer une communauté ou simplement échanger avec des amis.

    Et si l’on transformait la contrainte en opportunité ?

    Plutôt que de subir la pression des codes, pourquoi ne pas utiliser la flexibilité comme un atout ? Tester différentes tonalités, mesurer les réactions et affiner sa voix. Une marque personnelle forte ne naît pas d’un coup, elle se construit. L’astuce, c’est la cohérence : quel que soit le registre choisi, il doit refléter une intention authentique. Sam Altman nous le montre involontairement : une singularité répétée finit par devenir une signature.

    Enfin, cette histoire nous rappelle que les petits gestes du quotidien — une majuscule, une formule d’appel, une ponctuation — racontent quelque chose de nous. À nous de décider si nous voulons jouer la carte de l’originalité assumée ou celle de la prudence stratégique. Dans tous les cas, être consciente de ces codes nous donne un pouvoir : celui de nous présenter sous notre meilleur jour, selon le lieu et le moment.

    By Mary