Lafuente, Cantabrie : un village minuscule devenu décor de cinéma et invitation à la lenteur
Perdu au creux du vallon, Lafuente est l’un de ces hameaux qui semblent tout droit sortis d’un livre ancien : quelques maisons en file le long d’un chemin, une petite église romane à l’entrée, et—sur la tapia d’une casona—deux têtes sculptées qui vous accueillent depuis 1625. Ici, moins de vingt âmes vivent au rythme des saisons. Et pourtant, ce tout petit lieu a trouvé une nouvelle vie grâce au cinéma : il fait partie des décors choisis pour La bola negra, le film de Javier Calvo et Javier Ambrossi. Pour les voyageuses en quête d’authenticité, Lafuente est une escale qui appelle à la pause et à la contemplation.
Un bout de Cantabrie qui respire l’histoire
La première chose qui frappe en arrivant, c’est la présence sensible du passé. La modeste église de Santa Juliana, bâtie entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, est classée Bien d’Intérêt Culturel. Sa petite nef unique et son abside semi‑circulaire témoignent d’une époque où l’architecture romane se mettait à pointer vers des formes plus aiguës, annonçant déjà des touches gothiques. La porte sculptée, avec ses arcs emboîtés, mérite qu’on s’y attarde quelques minutes : elle raconte plus que mille mots sur la patience des pierres et la mémoire du lieu.
Les curiosités à ne pas manquer
Sur les traces du Camino Lebaniego
Lafuente n’est pas isolé : le Camino Lebaniego, un embranchement du célèbre Camino de Santiago, traverse le territoire de Lamasón et passe par ce hameau avant d’entamer la montée vers Burió et le collado de Hoz. Pour les randonneuses, c’est une halte idéale : respirer le calme, remplir sa gourde, puis reprendre la montée avec la gorge du Deva s’ouvrant devant soi. Les paysages se renouvellent rapidement, passant des maisons de pierre aux panoramas vertigineux sur le canyon de La Hermida.
Balades et points de vue autour de Lafuente
Où bien manger sans se ruiner
Pour prolonger la découverte gustative de la Cantabrie rurale, je recommande d’étendre l’escapade jusqu’à Celis, dans la commune de Rionansa, où se trouve la Casa Jandro. Sa carte met à l’honneur des plats rustiques et réconfortants : alubias au venado, carico montañés ou le cocido montañés, chacun révélant des façons différentes d’apprêter les légumineuses locales. Si vous préférez le poisson, la mer guette à proximité et la merluza rellena est une alternative légère après tant de plats de potée.
Une autre adresse simple et conviviale se situe à Quintanilla de Lamasón : Casa Miguel sert une cuisine maison généreuse, idéale pour se réchauffer après une balade fraîche dans la vallée.
Flâner, s’imprégner, raconter
Dans un monde où tout s’accélère, Lafuente offre le luxe rare de la lenteur. On s’y promène sans objectif précis, l’appareil photo en bandoulière si l’on veut, mais surtout l’attention portée au détail : la texture d’un mur, le chant d’un ruisseau, la typographie d’une vieille inscription. C’est aussi un lieu propice à l’imaginaire : les deux têtes qui gardent la tapia semblent chuchoter des histoires, lues et relues par les vents et le temps.
Prolonger la visite dans le secteur
Que vous soyez cinéphile curieuse de retrouver un décor de La bola negra ou voyageuse avide d’expériences authentiques, Lafuente se prête à une escapade contemplative. Moins de vingt voisins, un patrimoine humble mais touchant, et des paysages qui appellent à respirer : voilà la promesse d’un séjour simple et délicieux, à emporter dans sa mémoire comme une carte postale vivante.
