Madame Mary

Ces petits gestes qui nous tuent : 8 micromachismes quotidiens que vous continuez sûrement à normaliser

En 1991, le psychologue Luis Bonino Méndez a introduit le terme « micromachisme » pour désigner ces comportements apparemment anodins mais profondément sexistes qui se glissent dans notre quotidien. Ces petites phrases, ces gestes et ces réflexes — souvent perçus comme inoffensifs — normalisent des rapports de pouvoir inégaux entre les femmes et les hommes. À MadameMary.fr, nous pensons qu’il est temps d’ouvrir les yeux et de déconstruire ces automatismes pour rendre la vie plus équilibrée et plus douce pour toutes.

La friendzone : quand l’amitié féminine est remise en question

Le concept de « friendzone » est devenu un topos culturel dangereux : il réduit une relation d’amitié à une attente sexuelle non comblée et suggère que la femme « doit » céder à l’attirance de l’homme pour légitimer l’affection masculine. Cela entretient l’idée selon laquelle hommes et femmes ne pourraient être amis sans arrière‑pensées et dévalorise le consentement féminin. Pour les femmes, cette étiquette est blessante : elle efface le droit d’une personne à poser des limites et à choisir librement ses relations.

« Que tu es jolie » : quand les compliments réduisent les filles à leur apparence

Dire à une fillette « que tu es jolie » tandis qu’on dit à un garçon « tu es un champion » paraît anodin, mais ces différences de vocabulaire façonnent l’estime de soi. Valoriser prioritairement l’apparence chez les filles accroît le risque de les voir associer leur valeur à leur physique. À MadameMary.fr, nous encourageons à complimenter les compétences, la curiosité et la résilience des enfants, pour qu’ils grandissent en se sentant capables et appréciés pour ce qu’ils font, pas seulement pour leur allure.

Interrompre les femmes en réunion : un réflexe trop fréquent

Les études montrent que les hommes interrompent les femmes bien plus souvent qu’ils n’interrompent d’autres hommes. Ces micro‑interventions transmettent un message clair : la voix féminine aurait moins de poids. Dans un monde du travail qui aspire à l’inclusion, chaque interruption est une pierre au mur de l’invisibilisation. Apprendre à écouter, à laisser la parole et à reconnaître les contributions de chacune est un petit geste quotidien qui change tout.

Le rose est pour les filles : un cliché qui s’accroche

Attribuer des couleurs à un genre est l’un des micromachismes les plus persistants. Dire que le rose « est pour les filles » ou que certains vêtements sont « pour les garçons » enferme les enfants dans des stéréotypes inutiles. Les couleurs n’ont pas de sexe : laissons la liberté de choix s’exprimer sans jugement et offrons aux enfants la possibilité de développer leur goût sans étiquette.

Mansplaining : expliquer quelque chose d’évident à une femme

Le « mansplaining » consiste à expliquer de manière condescendante un sujet à une femme, souvent en présumant qu’elle en sait moins. Ce comportement se produit même lorsque la destinataire est experte du domaine. Il renforce une hiérarchie implicite basée sur le genre et dévalorise la compétence féminine. Rompre avec ce réflexe, c’est reconnaître l’expertise de chacune et favoriser un échange respectueux et équilibré.

Les tables à langer dans les toilettes des femmes : une normalisation inconsciente

Dans de nombreux établissements, les tables à langer se trouvent presque exclusivement dans les toilettes féminines. Cette répartition implicite renforce l’idée que le soin aux tout‑petits est principalement une responsabilité féminine. Certaines régions tentent d’inverser cette tendance en réglementant l’installation de tables à langer dans des espaces mixtes ou masculins. Rendre ces équipements accessibles à tous, c’est rappeler que la parentalité est une responsabilité partagée.

« Padrazo » : quand on récompense l’évidence masculine

Entendre qu’un homme est un « padrazo » parce qu’il baigne ses enfants ou les accompagne à l’école révèle ce que l’on considère comme exceptionnel : qu’un père assume pleinement ses tâches parental. Féliciter un homme pour faire ce qui devrait être la norme contribue à maintenir la charge mentale féminine. Plutôt que d’applaudir l’obvious, applaudir l’équité : valoriser les familles qui répartissent réellement les tâches sans considérer cela comme une faveur.

Être invisible chez le concessionnaire : moments qui comptent

Combien de fois une femme a‑t‑elle été ignorée lors d’un achat automobile ou dans un atelier mécanique, les interlocuteurs s’adressant d’abord à son compagnon ? Ces micro‑attitudes transforment en invisibles des consommatrices pourtant responsables et informées. Reconnaître la présence, poser des questions directes et inclure toutes les personnes présentes change radicalement l’expérience client et renforce le respect au quotidien.

Agir au quotidien : petites stratégies, grand impact

  • Changer notre vocabulaire : valoriser compétences et efforts plutôt que l’apparence.
  • Apprendre l’écoute active : laisser la parole aux femmes en réunion, sans les couper.
  • Partager les responsabilités : exiger des espaces parentaux mixtes et normaliser la présence des pères.
  • Éduquer dès l’enfance : expliquer que les couleurs, les jeux et les émotions ne sont pas genrés.
  • Intervenir en tant que témoin : quand vous êtes témoin d’un micro‑machisme, signalez‑le avec bienveillance.
  • À MadameMary.fr, notre ambition est d’apporter des pistes concrètes pour transformer ces comportements ancrés. Les micromachismes ne sont pas des fatalités : ils se déconstruisent par la prise de conscience et des gestes répétés. En combinant bienveillance, éducation et exigence d’égalité, nous pouvons façonner des environnements où chacune se sent vue, entendue et respectée. La beauté d’une vie partagée passe aussi par le soin des détails.

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