Sorti en 2021 et auréolé de 12 nominations aux Oscars, le western-thriller « Le Pouvoir du chien » s’impose comme une œuvre à part dans le paysage Netflix. Signé Jane Campion, seule réalisatrice à avoir remporté un Oscar de la meilleure réalisation pour ce film, il transcende les codes du genre en mêlant drame familial et suspense psychologique. Mary, toujours en quête de récits captivants pour MadameMary.fr, a succombé à son atmosphère âpre et à ses personnages finement ciselés.
Un western pas comme les autres
Dès les premières images, on comprend que « Le Pouvoir du chien » ne veut pas ressembler aux classiques du Far West. Plutôt que de se concentrer sur les chevauchées et les fusillades, Jane Campion installe une tension diffuse à travers de vastes paysages de Montana en 1925 et une bande-son étouffante. Le silence des collines rivalise avec les émotions refoulées des personnages, et chaque plan devient une toile où se dessine un malaise sourd.
Deux frères que tout oppose
- Phil Burbank (Benedict Cumberbatch) : considéré comme cruel et élégant, il gère le ranch familial avec une autorité glaciale. Son regard perçant et son humour acide masquent une souffrance intime.
- George Burbank (Jesse Plemons) : impassible et bienveillant, c’est le contrepoint parfait à Phil. Plus terre-à-terre, il partage avec son frère la propriété, mais n’a pas la même vision de la vie.
Quand George épouse Rose (Kirsten Dunst), une veuve du village, et accueille son jeune fils Peter (Kodi Smit-McPhee), la dynamique entre les deux frères bascule. Phil déclenche une guerre silencieuse, jouant sur la vulnérabilité de Rose et la timidité de Peter. La tension psychologique qu’il instaure est à la fois subtile et terriblement efficace.
Une construction narrative en couches
Plus qu’un simple jeu de pouvoir, le scénario de Jane Campion privilégie les nuances et les non-dits. Les dialogues sont rares, chaque mot pèse son poids, et l’on comprend que la véritable révolution se situe dans l’intériorité des protagonistes. À mesure que le film progresse, on se découvre complice de Peter, témoin impuissant d’une hostilité grandissante, jusqu’à un final où tous les fils se nouent avec une intensité inoubliable.
Un casting d’exception
- Benedict Cumberbatch : magistral dans le rôle de Phil, il incarne l’élégance froide et la cruauté contenue. Son jeu tout en retenue offre un contrepoint fascinant à la violence sous-jacente.
- Jesse Plemons : en George, il apporte une douceur presque étonnante dans cet environnement hostile. Son naturel et sa simplicité renforcent la fragilité de son personnage.
- Kirsten Dunst : bouleversante en Rose, elle révèle tour à tour la résilience et la détresse d’une femme prise au piège.
- Kodi Smit-McPhee : en jeune Peter, il capte l’empathie du spectateur. Sa sensibilité et sa naïveté construisent l’émotion du film.
L’esthétique au service de l’émotion
La photographie joue un rôle majeur : les plans larges sur les montagnes évoquent l’isolement, tandis que les intérieurs sombres soulignent la claustrophobie des relations familiales. Les costumes, fidèles à l’époque 1925, immergent le spectateur et renforcent l’authenticité du récit. Chaque détail participe à créer une expérience sensorielle unique.
Pourquoi le regarder sur Netflix
- Un chef-d’œuvre récompensé : Oscar de la meilleure réalisation et 12 nominations, dont meilleur film et meilleur acteur.
- Une mise en scène atypique : Jane Campion ose l’introspection là où le western attendait l’action.
- Un casting de haut vol : quatre interprètes dont on parle encore longtemps après le générique.
- Une atmosphère envoûtante : suspense psychologique et drame humain forment un duo irrésistible.
En plaçant l’humain et ses blessures au cœur d’un paysage sauvage, « Le Pouvoir du chien » prouve que le western peut devenir un prétexte pour explorer les zones d’ombres de l’âme. Mary recommande vivement ce joyau Netflix à toutes celles qui cherchent un cinéma exigeant, capable de mêler émotion, intelligence et beauté visuelle.