Se découvrir en trois versions : le message intemporel d’Unamuno pour nos vies hyperconnectées
Il suffit d’une photo sur notre téléphone pour que tout se joue : on la regarde, on l’agrandit, on hésite à la publier. Parfois on se reconnaît trop, parfois pas du tout. Miguel de Unamuno, déjà, avait formulé avec une simplicité désarmante ce que vivent tant de femmes aujourd’hui : « Chacun de nous est, en réalité, trois : celui que nous croyons être, celui que les autres croient que nous sommes et celui que nous sommes vraiment. » Chez MadameMary.fr, je pense souvent à cette phrase quand je consulte mes réseaux, que je prépare un voyage ou que je choisis une tenue — car elle résume une tension qui traverse toutes nos catégories : identité, image et authenticité.
Unamuno, l’homme des grandes questions
Écrivain, philosophe et recteur de l’université, Unamuno a passé sa vie à questionner sans toujours espérer de réponse définitive. Sa parole est marquée par la contradiction, la quête et la lucidité : il doutait de la foi tout en la recherchant, défendait des idées qu’il remettait en question ensuite. Quand il parle d’identité, il le fait depuis l’expérience d’un esprit qui sait qu’une personne ne se réduit pas à une seule description. Cette vision résonne d’autant plus fort à l’ère des images retouchées et des biographies soignées.
Les trois visages : comprendre pour apaiser
La première version est celle que nous nous racontons : notre récit intérieur, fait de valeurs, d’aspirations et parfois d’excuses. C’est le portrait que l’on aimerait voir dans le miroir. La seconde est le regard des autres, mouvant selon les interlocuteurs : amie, collègue, parent, passant, chacune nous voit différemment. Enfin, il y a le troisième visage — le plus secret et le plus insaisissable — celui « de veras », qui existe sous toutes ces couches et que nous découvrons peut-être par bribes.
Pourquoi cette idée est essentielle pour les femmes d’aujourd’hui
Nos vies modernes multiplient les occasions d’être performatives : on choisit son image pour un entretien, pour un déjeuner entre amies, pour Instagram ou LinkedIn. Les réseaux sociaux n’inventent pas la mise en scène, mais ils la rendent banalisée et constante. Le danger ? Confondre le rôle et la personne. La phrase d’Unamuno nous rappelle que l’identité n’est pas un badge fixe mais un processus — une série de variations qui coexistent. À MadameMary.fr, où l’on parle d’évasion, de mode, de ménage et de gourmandise, j’aime penser que cette idée nous libère : nous sommes plus grandes que nos looks, nos destinations ou nos compétences en cuisine.
Comment intégrer cette réflexion dans notre quotidien
Ces petits gestes réintroduisent de l’espace entre l’apparence et l’essence — et c’est précisément là que commence la liberté.
Quand la « marque personnelle » devient un piège
Le concept de marque personnelle a transformé la quête de soi en produit marketing. On se présente de façon cohérente, nette et rassurante — parfois au prix d’une réduction de notre complexité. Pourtant, être intéressante, c’est être plurielle. Accepter nos contradictions — aimer la haute couture et les balades en forêt, vouloir voyager en solo et en famille — nous rend humaines et attachantes.
Unamuno, allié inattendu du bien-être
Revenir à cette idée, c’est aussi s’offrir une stratégie anti-stress : moins d’efforts à maintenir une uniformité impossible, plus d’énergie pour cultiver ce qui compte. Pour celles qui jonglent entre rôles et obligations, c’est un message salutaire : on n’est pas obligée de concilier toutes nos facettes en une seule image parfaite. Parfois, lâcher prise sur la cohérence apparente est le plus beau cadeau qu’on puisse se faire.
Et dans nos rubriques : comment cela se traduit-il concrètement ?
Ces approches pratiques permettent de mettre en acte la théorie d’Unamuno : être multiple n’est pas un défaut, c’est une richesse.
Une invitation à la bienveillance envers soi
La phrase d’Unamuno est finalement une invitation à la bienveillance : accepter que les autres nous voient différemment, que nous nous verrons demain sous un autre angle, et que le « soi véritable » n’a pas besoin d’être dévoilé en permanence. À l’heure où tout s’affiche et se commente, se rappeler que nous sommes trois — parfois plus — suffit pour respirer un peu mieux. Pour toutes nos lectrices, c’est aussi une clé pratique : moins de perfection, plus de présence.
À MadameMary.fr, je vous encourage à chérir chacune de vos versions. Portez la robe qui vous fait sourire aujourd’hui, préparez ce plat qui vous rappelle l’enfance, partez découvrir un lieu qui vous appelle. Et la prochaine fois que vous hésiterez avant de publier une photo, pensez à Unamuno : vous n’êtes pas une image, vous êtes un livre en plusieurs chapitres.
