Recevoir une succession traverse toujours plusieurs registres : émotionnel, administratif et parfois fiscal. Pour beaucoup d’entre nous, l’idée de devoir remplir une déclaration de revenus après avoir hérité d’un bien soulève des interrogations légitimes. David Jiménez, avocat spécialisé en successions et fiscalité, clarifie un point essentiel : hériter ne signifie pas automatiquement payer l’IRPF (impôt sur le revenu). Dans cet article, je vous explique simplement ce que cela implique et les gestes pratiques à adopter pour y voir clair.

Pourquoi l’héritage n’est pas un revenu imposable au premier abord

La règle de base est rassurante : les biens acquis par héritage sont soumis à l’Impôt sur les Successions et Donations, et non à l’IRPF au moment de la transmission. En termes simples, si vous héritez d’un appartement, d’une voiture ou d’un portefeuille d’investissements, vous ne devez pas rajouter la valeur de ces biens comme un « revenu » dans votre déclaration annuelle. L’article 6.4 de la loi sur l’IRPF l’établit clairement : si la succession a été taxée conformément à la loi des successions, il n’y a pas de double imposition via l’IRPF.

Mais attention : l’IRPF peut s’appliquer ensuite

La transmission en tant que telle n’entre pas dans le périmètre de l’impôt sur le revenu, mais une fois que les biens sont à vous, ils doivent suivre les règles normales de l’IRPF si et quand ils génèrent des revenus ou des gains. Par exemple :

  • Si vous héritez d’un appartement et que vous le mettez en location, les loyers perçus sont soumis à l’IRPF.
  • Si vous vendez un fonds d’investissement hérité, la plus‑value réalisée doit être déclarée et imposée dans la rubrique des gains patrimoniaux.
  • Si vous laissez le bien inoccupé, dans certains pays il peut y avoir une imputation de revenu immobilier fictif qui entre dans la déclaration.
  • Autrement dit, la succession règle la phase « passation » du patrimoine ; l’IRPF s’applique aux conséquences économiques lorsque le patrimoine commence à produire ou à changer de valeur entre les mains du nouvel propriétaire.

    Exemple concret pour mieux comprendre

    Imaginez que vous héritez d’un appartement estimé à 300 000 euros. Vous payez l’impôt sur les successions correspondant selon la réglementation et votre lien de parenté. Ce montant ne s’ajoute pas à vos revenus annuels dans la déclaration de l’IRPF. En revanche, si vous décidez ensuite de mettre ce logement en location, les loyers perçus devront être intégrés dans votre déclaration de revenus et taxés selon les règles en vigueur. Si un jour vous vendez ce bien à un prix supérieur à sa valeur déclarée à la succession, la différence sera considérée comme une plus‑value et soumise à l’IRPF.

    Les vérifications indispensables après une succession

    Pour éviter les erreurs coûteuses, il est prudent de procéder à quelques vérifications une fois la succession acceptée :

  • Vérifier que tous les biens du défunt ont bien été déclarés dans l’acte de succession.
  • Contrôler les valeurs et les dates de référence utilisées pour l’évaluation (elles conditionnent le calcul des impôts et des plus‑values futures).
  • S’informer des éventuelles dettes ou obligations fiscales non réglées par le défunt qui pourraient retomber sur les héritiers.
  • Ces démarches permettent d’éviter les mauvaises surprises lorsque vous commencerez à exploiter ou à disposer des biens hérités.

    Quand l’IRPF entre réellement en jeu

    Le principe énoncé par David Jiménez est limpide : l’impôt sur les successions taxe le transfert de propriété. L’IRPF n’intervient que si le patrimoine hérité « produit » quelque chose pour vous ou si vous réalisez une opération imposable (vente, location, cession de parts, etc.). Ainsi, recevoir une maison ne vous alourdit pas d’un impôt immédiat sur le revenu, mais vos décisions ultérieures vis‑à‑vis de ce bien détermineront votre charge fiscale future.

    Conseils pratiques pour gérer sereinement une succession

  • Conservez tous les documents de la succession : actes notariés, valeurs retenues, preuve du paiement des droits de succession.
  • Faites un point avec un conseiller fiscal ou un avocat si vous comptez vendre ou louer le bien — les conséquences fiscales peuvent varier selon la situation personnelle et les délais.
  • Pensez à vérifier les obligations potentielles du défunt (déclarations non faites, impôts impayés) pour éviter des surprises ultérieures.
  • Recevoir un héritage est souvent un moment émotionnellement chargé ; juridiquement et fiscalement, il demande méthode et rigueur. Savoir distinguer ce qui relève des droits de succession et ce qui sera soumis à l’IRPF par la suite aide à mieux anticiper les démarches et à préserver la sérénité. Pour nos lectrices, c’est une invitation à parler de ces sujets parfois embarrassants autour d’un café, à s’informer et à se faire accompagner quand c’est nécessaire.

    By Mary